Expiation
de Ian McEwan
– Traduit de l'anglais par Guillemette Belleteste –
 
Amour, mensonge et expiation
Thèmes : Mensonge - Culpabilité - Amour - Littérature
La petite fille
représentée en première de couverture de
ce roman est Briony Tallis, petite fille à l'imagination
débordante (d'ailleurs elle veut devenir écrivain
!) qui va commettre pendant l'été 1935 une faute
qu'elle essaiera d'expier toute sa vie : celle d'avoir
accusé à tort Robbie Turner, le fils de la femme
de ménage, du viol de sa cousine Lola. Son mensonge ne
va pas seulement briser la vie du jeune homme innocent mais aussi
celui de son amour, Cécilia, la soeur de Briony...
S'il y a une
chose que je retiendrai de ce roman, c'est la manière dont
Briony Tallis a entrepris d'expier sa faute. Nous découvrons
cela seulement dans la dernière partie du roman... Cette
révélation (que je ne vous dévoilerai
pas bien sûr !) est saisissante et brillante !
Si la
fin m'a beaucoup plu, j'ai un avis plus mitigé sur l'ensemble
du roman. Celui-ci est
divisé en quatres parties.
La première
partie qui se concentre essentiellement (et avec force
de détails) sur cette journée de l'été
1935 qui tourna à la tragédie m'a semblé
un peu longue (il faut dire qu'elle fait la moitié du roman
!) mais néanmoins très réussie dans la description
des personnages. Ian McEwan nous
restitue ainsi avec précision et justesse les sentiments des différents
personnages : la naissance
de l'amour de Robbie pour Cécilia et vice-versa, la candeur
d'une petite fille à l'imagination débordante qui
interprète la réalité à sa façon...
Pour preuve, quelques scènes clés (comme la scène
magnifique de la fontaine) nous sont données à voir
suivant les différents points de vue des principaux protagonistes
: Robbie, Cécilia et Briony... et nous annoncent l'accusation
très grave que portera la petite à l'encontre de
Robbie. Ce dernier événement clôt la première
partie et marque un changement radical d'atmosphère,
de lieu : finie l'atmosphère paisible et romanesque
de cette journée de 1935, fini le décor idyllique
de la propriété des Tallis.
Dans la deuxième
partie du roman, nous sommes projetés assez brutalement
cinq ans plus tard, en 1940, où nous retrouvons Robbie
soldat faisant partie des troupes britanniques en déroute
vers Dunkerque... Le changement d'atmosphère mais aussi
de style d'écriture dans cette partie m'a déstabilisée.
Et si l'auteur s'évertue à retranscrire l'horreur
de la guerre, ce sont les passages où Robbie pense à
sa bien-aimée Cécilia que j'ai le plus appréciés.
La troisième
partie met en scène Briony, jeune femme devenue élève
infirmière travaillant dans un hôpital de Londres
qui se prépare à accueillir les soldats rescapés
de la déroute. En proie à la culpabilité,
celle-ci décide de réparer sa faute... Et c'est
dans la quatrième et dernière partie (ma
préférée) que nous découvrons la façon dont
Briony Tallis a choisi d'expier sa faute. Cette
révélation faite par Briony alors âgée
de 77 ans est stupéfiante... et nous donne à voir
à quel point elle a pu souffrir des conséquences
de son mensonge d'enfant.
Marie.
20 mai 2007.
In Lecture & Cie |